Automne Musical de Spa

Paul DOMBRECHT et l'orchestre IL FONDAMENTO

Date

Samedi 31 octobre 2015

Lieu

Le Britannique

Plan d'accès

Visionner

 

Ouvertures et concertos de J.F. Fasch et G.Ph. Telemann. Les joyaux de la musique instrumentale allemande. Sonnez hautbois et bassons !

 

 

 

 

Ensemble Il Fondamento

 

25e anniversaire de l'orchestre et hommage à Paul Dombrecht !

 

 

 

Ce soir, c'est une musique unanimement virtuose, emplie de vitalité et d'élégance, qui réunira deux compositeurs allemands actifs au 18e siècle.

Deux personnalités animées d'une prodigieuse créativité dont le talent repose avant tout sur un travail acharné. Si Georg Philipp Telemann figure régulièrement au programme de l' « Automne musical de Spa », ce concert révélera certainement le génie d'un compositeur moins connu : Johann Friedrich Fasch, fournisseur de la cour pour les orchestres de Darmstadt et Dresde. Faisons plus ample connaissance avec ce fournisseur de la cour pour les orchestres de Darmstadt et de Dresde.

Le nom de Johann Friedrich Fasch (1688-1758) est traditionnellement associé au château de Zerbst. Durant des décennies, il y transforma la modeste Concert-Stube en une des meilleures chapelles de Prusse. A sa mort, sa musique tomba rapidement dans l'oubli, n'ayant plus qu'une valeur anecdotique en marge d'une histoire de la musique dominée par Bach et Haendel. Fasch n'était pourtant pas un obscur maître de chapelle du baroque tardif allemand. Son autobiographie nous donne une image brillante du musicien et de sa carrière. Ce document contient en outre de nombreuses informations utiles à une meilleure compréhension des ouvertures de Fasch. Dans ses Lebensläuffe (1757), le maître, au soir de sa vie, passe en revue ses nombreuses expériences au sein du monde musical. Il raconte avec fierté comment, en tant que jeune garçon de douze ans doté d'une belle voix de soprano, il fut remarqué à WeiBenfels par Krieger. Un an plus tard, il se rendit à Leipzig, où Kuhnau, cantor de la Thomasschule, le prit sous sa protection. Il y rencontra également Telemann, qui lui produigua un enseignement musical de base et lui prêta ses partitions. En 1708 -alors qu'il étudiait le droit à l'université de Leipzig- il fonda avec des condisciples un « collegium musicum ». Cet ensemble, qui comptait des virtuoses comme Heinichen et Pisendel, ne tarda pas à devenir un rival redoutable pour l'orchestre d'étudiants de Kuhnau. En 1711, la renommée de Fasch était déjà telle qu'il fut invité par le duc de Saxe-Zeitz à écrire des opéras pour Naumburg. Afin de se perfectionner, il entreprit ensuite un voyage d'étude à travers les contrées germanophones et se rendit ainsi à Darmstadt où Graupner lui enseigna l'écriture, gracieusement durant quatorze semaines. En tant que musicien accompli, il fut engagé successivement à Gera, Greiz et Prague. Dans cette dernière ville, il travailla au service du comte Morzin, le futur commanditaire des Quattro Stagioni (1725) de Vivaldi et protecteur de Joseph Haydn (1759). Il accepta enfin, en 1722, l'emploi exigeant de maître de chapelle de la cour luthérienne de Zerbst, et se fixa définitivement en ce lieu[...]. La particularité des ouvertures de Fasch réside dans leur assimilation originale des influences françaises et italiennes. Fasch suivait en cela l'exemple de Georg Philipp Telemann (1681-1767). La tragédie lyrique de Lully (1632-1687) leur a servi de modèle pour le premier mouvement, à savoir l'ouverture à proprement parler. Elle consiste en une introduction lente et majestueuse, caractérisée par des rythmes pointés dans une mesure alla breve, suivie d'un fugato précipité et clôturée par une reprise de l'introduction. La suite de danse (bourréen gavotte, menuet) et pièces de caractère à la forme binaire, ponctuée par des reprises, relève aussi de la tradition française. Les titres évoquent parfois des scènes ludiques et théâtrales.

Très célèbre de son vivant, Georg Philipp Telemann fit l'essentiel de sa carrière à Hambourg où il devient cantor au Gymnasium Joanneum et directeur de la musique dans les cinq églises principales de la ville. Considéré comme le compositeur le plus fécond de toute l'histoire de la musique -on lui doit près de 6000 œuvres !-, il s'illustra dans tous les genres pratiqués à son époque : oratorios, cantates profanes et sacrées, passions, opéras, concertos et pièces de musique de chambre dont la fameuse Tafelmusick. A côté de ce chef-d'œuvre, l'œuvre pour orchestre de Telemann se compose de nombreuses pages entre lesquelles la frontière n'est pas toujours bien nette : divertimentos, symphonies, concertos et ouvertures ou suites. Naguère estimée à quelque 700 partitions, sa production concertante dépasse la centaine, dont la moitié pour un seul instrument. Malgré sa prolixité, Telemann ne s'enferme pas dans les moules préexistants. Diversité et souplesse de la forme : chaque morceau invente son propre cadre, chaque œuvre s'avérant un « laboratoire d'idées et de modes de développements ».